Juste pour voir un spectacle… à 3753 km de Montréal.

À l'étranger

14 août 2017

J’ai déjà écrit un billet sur l’Islande ici en mai dernier. En le relisant au début de juillet, je me suis souvenu que le pianiste Ludovico Einaudi était en spectacle là-bas dans les jours suivants.

Juste pour voir, je suis allé vérifier s’il restait des billets… Il en restait.

Juste pour voir. Je suis allé regarder les prix des billets d’avion. En bas de 500$ pour ces dates-là.

Juste pour voir. Je l’ai dit à voix haute à mon conjoint, qui lui aussi adore ce pianiste. Et l’Islande.

C’est comme ça qu’on s’est retrouvé avec le projet un peu fou d’aller à Reykjavik pour 4 jours, avec notre fils de 2 ans.

Dès que l’avion s’est posé à l’aéroport le dimanche 16 juillet, j’ai su que ce n’était pas une fausse bonne idée. Que ça valait vraiment la peine de prendre ce vol direct de 4h25 à peine pour retrouver ce pays qui me calme et m’inspire.

Premier arrêt de ce court séjour, la Nordic House à Reykjavik. Un superbe centre culturel où sont présentés des expositions et des concerts, en plus d’une librairie spécialisée dans les arts visuels. L’architecture est magnifique et il y a une section pour les enfants qui vaut vraiment le détour au sous-sol.

Lundi, nous sommes allés visiter Videy Island, un petit tour de bateau d’une quinzaine de minutes quand on prend le traversier derrière la salle de spectacle Harpa.

En après-midi, on est allé au «zoo» de Reykjavik. Une sortie à hauteur d’enfant, c’est à dire que ce n’est pas un zoo très élaboré mais il y a beaucoup d’installations ludiques pour les touts-petits.

En soirée, le point culminant : Ludovico Einaudi. 

La Harpa est une salle de concert impressionnante. Le complexe ressemble à une ruche de verre. C’est le joyau de Reykjavik. L’intérieur de la salle de concert est toutefois beaucoup plus sobre et moins spectaculaire. On est franchement très gâté à Montréal avec la Maison Symphonique! Ludovico Einaudi sera lui en spectacle le 1er novembre à la salle Wilfrid-Pelletier mais c’est déjà complet! Le pianiste que j’adore faire jouer lors des moments zens au 98,5 FM a été à la hauteur de mes attentes et même plus. Il a laissé énormément de place à ses cinq collègues musiciens, eux aussi assez virtuoses. Il offre un récital en solo au milieu du concert mais sinon, il mettait vraiment les autres instruments en valeur, s’effaçant parfois derrière son piano. J’ai aimé sentir cette générosité. Lors de la dernière pièce avant le rappel (la magnifique Experience) , les larmes me sont montées aux yeux tant l’intensité de sa musique vient remuer quelque chose en moi. Ses compositions sont souvent utilisées dans les films et ce n’est pas surprenant : il y a quelque chose de cinématographique dans sa musique. Bref. L’expression ça valait le déplacement n’a jamais été aussi bien utilisée!

– Une parenthèse technique. Que fait-on avec l’enfant? –

J’ai vérifié et il m’était possible de l’emmener avec nous et de l’asseoir sur nos genoux. Possible, mais pas vraiment préférable, comme il est question d’un concert de musique classique et qu’un enfant de deux ans, ça n’a pas toujours envie de s’asseoir en silence aussi longtemps. Pas le mien en tout cas! Donc, avant de partir, je me suis mis à la recherche d’une gardienne à Reykjavik. Et j’en ai trouvé une! Elle s’appelle Janina, elle est d’origine allemande et a immigré en Islande pour être nanny Au Pair. Elle a rencontré un Islandais par la suite et elle a fondé une famille là-bas. Vous pouvez voir sa page Facebook ici.

SVP Ne me lancez pas de roches, il s’agit de mon enfant, l’être le plus important de ma vie C’EST CLAIR que j’ai pris beaucoup de précautions avant de le confier à une étrangère. D’abord, j’ai discuté avec Janina et je suis devenue amie sur son profil personnel. J’ai pu voir de nombreuses photos d’elle et constater qu’elle existe réellement et que ce n’était pas un leurre! De plus, elle venue garder à la chambre d’hôtel avec sa petite fille de deux mois qu’elle doit allaiter. En tout et partout, elle resté 3 heures et demie, dont une heure avec nous avant qu’on quitte pour le spectacle. Mon fils a super bien réagi, il n’a même pas pleuré quand nous somme partis. À notre retour, il dormait comme un ange, même si aucun rideaux n’avaient été baissé et qu’il fait très clair là-bas à 22h. Visiblement, les Islandais ne veulent pas gaspiller une minute de clarté!

-Fin de la parenthèse technique-

Le lendemain, le ciel était plutôt gris. Nous avons décidé de louer une voiture pour aller visiter la région de snaefellsnes en espérant que le ciel soit plus clément là-bas. Il y a une expression très populaire en Islande : Si tu n’aimes pas la météo, attends 5 minutes ou va 5 mètres plus loin. Ça résume le climat changeant. Mais pour nous, ce ne fut que de la pluie partout, tout le temps, cette journée-là. Beau temps,mauvais temps, les paysages restent spectaculaires et je me souviendrai longtemps de cette pauvre mariée qui a dû faire son entrée sous une pluie torrentielle dans la petite Église noire de Budir.

Mercredi, avant de prendre l’avion nous somme passés par deux musées dans la municipalités de Keflavik, où se trouve l’aéroport. D’abord, le Viking World Museum, fort instructif et bien aménagé autour d’une réplique grandeur nature d’un bateau viking. Puis, nous sommes passé par le Icelandic Museum of Rock’n’roll qui m’a carrément épaté! Je m’attendais vraiment à rien, mais la scénographie de l’exposition est superbe, il y a plein d’artefacts chouettes et une section avec des instruments à essayer. Mon fils a passé près d’une demi-heure dans sa bulle à jouer de la batterie électronique et à chanter dans un mini-studio.

Je ne regrette aucunement cette folie d’être partie pour un aussi court séjour.  Si vous avez les moyens et le temps, je vous recommande vraiment de passer par Reykjavik et surtout, n’hésitez pas à y aller en famille, les enfants sont vraiment les bienvenus partout, avec des coins emménagés juste pour eux dans la plupart des institutions culturelles.