Crédit photo : Mevlut Mert Altintas shouts after shooting Andrei Karlov, right, the Russian ambassador to Turkey, at an art gallery in Ankara, Turkey, Monday, Dec. 19, 2016. At first, AP photographer Burhan Ozbilici thought it was a theatrical stunt when a man in a dark suit and tie pulled out a gun during the photography exhibition. The man then opened fire, killing Karlov. (AP Photo/Burhan Ozbilici)

World Press Photo : exercice de lucidité

Art Visuel

31 août 2017

C’est un incontournable de la rentrée culturelle et je me réjouis de voir que plus de 50 000 personnes prennent le temps de visiter l’exposition World Press Photo au Marché Bonsecours chaque année. En fait c’est tellement populaire qu’elle est ouverte jusqu’à minuit tous les vendredi et samedi jusqu’au 1er octobre.

On s’entend, ce n’est pas léger comme sortie. Il y a quelque chose de solennel dans cette visite qui nous expose en 152 photos l’état du monde. Et il ne va super bien. Déjà l’an passé, les migrants avaient une place importante dans la sélection des photos. Même si le sujet est peut-être moins au goût du jour, c’est encore une réalité troublante à observer à travers l’objectif des photographes. Ce cliché de Matthieu Willcocks m’a secoué : le corps d’un réfugié portant encore gilet de sauvetage au milieu de la Méditerranée.

Vous pouvez retrouver la plupart de ces photos facilement sur le web. Mais ce n’est pas comme les voir en grand format, dans le contexte d’une exposition.

Une place centrale est laissée pour la photo gagnante de cette année, celle de l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie. D’autres angles sont proposés pour raconter en quelques images ce meurtre à bout portant.

Il y aussi des portraits de nature et de sport qui viennent apporter un peu de légèreté et même de la beauté, comme ces papillons monarques dans la neige.

Le monde ne va pas bien, mais il y a des êtres résilient qui le forment. Et ça, c’est la beauté de la chose.

World Press Photo Montréal, jusqu’au 1er octobre au Marché Bonsecours.