Comprendre Nelly Arcan (ou tenter de le faire)

Cinéma

18 janvier 2017

Nelly est un film réalisé par Anne Émond, mettant en vedette Mylène MacKay.  5 fois plutôt qu’une.

Parce qu’on y décrit toutes les femmes qu’étaient Nelly Arcan : La star, l’escorte, l’amoureuse et l’écrivaine. Donc elle joue carrément 4 personnages différents. Et on peut ajouter à ça, Isabelle Fortier, qui était la véritable identité de Nelly Arcan. Pourquoi faire compliqué? Parce que la réalisatrice Anne Émond s’est rendu compte que dépendamment de la personne avec qui elle s’entretenait au sujet de l’écrivaine, leur description variait. Comme si il ne parlait pas tous de la même personne.

Ce n’est pas un drame biographique conventionnel. Elle puise autant dans ses livres, que dans sa vie. Il y a un flou, un flou qu’a entretenu Nelly Arcan dans ses contradictions.Anne Émond signe aussi le scénario et je lui lève mon chapeau. Vraiment, on peut entrer dans la salle en ayant des idées préconçue sur Nelly et en ressortir en comprenant (enfin) sa complexité.
Ce qui m’a marqué, ce sont les insultes passives.  Ou plutôt ce qu’elle percevait comme des insultes. La façon dont tout le monde lui parlait de Putain, son premier roman, comme le meilleur de tous : ça lui pesait. Et même quand un homme lui dit qu’elle a l’air plus vieille que sur sa photo d’escorte mais que c’est correct, il va quand même coucher avec elle. Ce n’est pas une insulte directe. C’est passif. Et ça, ça tue à petit feu.
On connait la fin, Nelly Arcan a mis fin à ses jours. Mais ce n’est pas un film déprimant. Je trouve que c’est un film éclairant. Mylène Mackay démontre une palette jeu extraordinaire. Même si ça n’a pas dû être facile à jouer, c’est rare qu’une comédienne peut avoir autant d’opportunités à travers un rôle.
Je vous invite à y aller. Et à accepter la convention des 4 personnages, ils vivent en parallèle. Comme dans Cruising bar!