Royal – autopsie du cynisme

Livre

2 mars 2017

Ce livre est paru en octobre 2016 aux Éditions Ta mère. Je l’ai dévoré en un weekend.

Un roman qui se déroule à la faculté de droit de l’université de Montréal. Le personnage principal est un jeune homme qui commence son Bac et qui décide de participer à la course aux stages, pour travailler dans un grand cabinet. Il est prêt à tout pour réussir. C’est l’esprit de compétition incarnée qui ne se prend pas pour un «7 up». Encouragé par un ami un peu plus vieux qui lui aussi est passé par là, il va faire tout ce qu’il faut pour accéder à une firme importante et un gros salaire. Étudier plusieurs heures, s’impliquer dans un organisme d’aide juridique, organiser un événement bénéfice pour une bonne cause, s’inscrire au gym le plus en vue, participer à tous les 5 à 7 organisé par les cabinets, etc. Un horaire inhumain. Et ça tombe bien parce que ce personnage est justement pas très humain. C’est le roi de la superficialité qui flirte avec une dépression existentielle. Le gars qui de l’extérieur a l’air au dessus de ses affaires mais qui à l’intérieur souhaite sa propre mort. Assez pour établir un plan précis.  Il y a donc des sujet très profonds qui sont abordés dans Royal, tout en ayant une forme dynamique et des réflexions qui font sourire. Le roman est écrit au «tu». Donc, nous sommes ce personnage. Et comme il est fragile psychologiquement, j’ai été tenu en haleine à chaque page. Parce que je me demandais où ça allait déraper. Il prend des smarts drugs pour étudier plus longtemps, il prend des somnifères pour dormir, il boit dans les 5 à 7, c’est un mélange explosif.

Évidemment, Royal n’est pas un roman qui décrit l’étudiant en droit moyen. Ce personnage aurait pu exister dans n’importe quelle autre faculté (médecine, communication, etc.) mais la course au stage était un prétexte pour parler de compétition.

C’est drôle parce que c’est un univers qui est complètement à l’opposé du mien. Il y a rien qui m’ennuie plus que lire les petits caractères d’un contrat, je suis beaucoup plus émotive que rationnelle… mais justement, c’est cette incursion dans un autre monde qui m’a intéressé.

L’auteur Biz m’a déjà expliqué en entrevue que l’art permet de voir le monde à travers d’autres yeux. Tu peux changer d’idée sur un sujet après avoir lu un roman parce que tu as été la peau d’un personnage, tu as compris ses intentions, ses doutes. Tu ne peux pas le juger de l’extérieur. Et même si on ne s’attache pas nécessairement au personnage de Royal, on peut le comprendre.