Taqawan – le recul nécessaire

Livre

5 avril 2017

Ce livre a changé ma façon de voir la place des Premières Nations dans notre histoire tout en me tenant en haleine du début à la fin avec sa trame.  Ce n’est pas rien! 

Ne passez pas à côté du quatrième roman d’Éric Plamondon.

Taqawan en langage Mi’gmaq désigne l’état du saumon qui remonte la rivière à contre-courant. L’action se situe en Gaspésie en juin 1981, alors que des policiers font une descente dans la réserve Mastigouche. Le contexte est réel, l’histoire racontée est fictive.

En une semaine, la vie de bien des gens va basculer. Il y a Océane, jeune autochtone de 15 ans qui est révoltée par le traitement réservé à son père qui sera battu lors de la descente. Au même moment, Yves, un garde-chasse qui adore son boulot décide de démissionner pour contester les méthodes employées. Leur chemin va se croiser alors qu’Yves trouve Océane dans un piètre état au petit matin. Elle a été agressée. S’ajoute à eux, une jeune enseignante Française de passage au Québec pour un an, un autochtone qui a quitté sa réserve pour vivre reclus dans le bois et un anthropologue. Chaque personnage est fort utile pour nous apporter toutes les nuances de gris d’une situation complexe sur les droits ancestraux des amérindiens et les batailles entre les pouvoirs fédéraux et provinciaux.

L’intrigue nous tient en haleine, mais c’est le questionnement de fond qui rend ce livre nécessaire à mon avis, soit le malaise avec l’identité des premières nations. Leur place dans notre Histoire.

Éric Plamondon est un Québécois qui vit à Bordeaux depuis 20 ans. Il est toujours mal à l’aise quand il se rend compte que des Français en savent plus que lui sur les autochtones. Après avoir lu Taqawan, ce ne devrait plus être votre cas.