Mon +1 : «Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?» en compagnie d’Alain Crête

Théâtre

12 mai 2017

Quand j’ai vu que le Théâtre du Rideau Vert adaptait la comédie à succès Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? j’ai tout de suite pensé à inviter mon collègue des sports Alain Crête, qui m’avait déjà dit à quel point ce film l’avait fait rire. Après l’avoir traîné au Théâtre du Nouveau Monde l’an passé pour voir un spectacle de Robert Lepage (qu’il avait adoré) je me disait qu’on pourrait poursuivre sur une belle lignée.

Arrivé avant moi, Alain s’est fait prendre en photo à l’entrée du théâtre par les revues à potins qui couvrent ce genre de soirées mondaines. Il était visiblement soulagé quand je suis arrivé «Je me sens comme un bouton d’acné» résume-t-il pour exprimer son niveau d’aisance.

Après qu’on se soit faufilé parmi les Luc Guérin, Guylaine Tremblay et autres Pierre Bruneau, on a réussi à entrer dans la salle, qui est beaucoup plus petite que ce à quoi s’attendait Alain. Le théâtre du Rideau Vert est effectivement plus intime que le TNM «Mais on a vraiment de la place pour les jambes entre les bancs» me fait remarquer Alain, qui du haut de ses 6 pieds 2 pense à ce genre de détail qui moi m’échappe!

Sa principale crainte, c’était de faire des comparaisons avec le film qu’il adoré. «Je vais vraiment essayer de pas trop comparer». Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu? raconte l’histoire d’un père de quatre filles, dont trois d’entre elles sont mariées à un Juif, un Arabe et un Chinois. Quand la plus jeune décide se fiancer avec un Ivoirien-Français-et-comédien, c’est «l’ethnie qui fait déborder le vase» pour reprendre l’expression du personnage principal joué par Rémy Girard dans l’adaptation scénique. Sa femme, incarnée par Micheline Bernard, essaie de jouer les médiatrices dans cette ONU familiale qui est toujours au bord d’imploser. Bref, cette pièce aurait pu s’appeler : «Je ne suis pas raciste mais… »

Malheureusement, malgré tous les efforts de mon +1, le verdict est tombé rapidement dès la fin de la première partie. Alain et moi nous sommes regardé et dirigé vers le bar d’un commun accord. «J’ai beau essayer de ne pas comparer, je ne suis pas capable» m’a t-il dit.  On était assez d’accord sur le casting inégal de la pièce. Rémy Girard et Micheline Bernard sont nettement meilleurs que le reste de la distribution.

La deuxième partie s’est avérée bien meilleure, entre autre grâce à l’arrivée du personnage de Widemir Normil, le père du fiancé Ivoirien qui est lui rempli d’a priori racistes, mais sur les blancs.

À la tombée du rideau (vert), on s’est enfui rapidement, notre horaire de radio matinale nous pressant à aller profiter du peu d’heures de sommeil à notre disposition. C’est le lendemain matin qu’on a débriefé notre expérience théâtrale qui fut moins fructueuse que la première fois. «Je suis obligé de dire que j’ai trouvé le film plus drôle. Mais Micheline Bernard et Rémy Girard sont excellents. L’adaptation québécoise est intéressante, mais dans les 20 premières minutes, j’avais l’impression de regarder une commission parlementaire sur la laïcité!»  explique Alain.

Pour ma part, j’ai été déçue par la mise en scène peu élaborée et le jeu inégal des comédiens. À la blague, j’ai demandé à Alain de me situer la pièce sur ce que j’ai baptisé son «échelle Broue». Pour l’anecdote, il m’avait confié il y a un an que son expérience théâtrale se résumait à la pièce Broue qu’il a vu 3 fois dans vie, ce qui avait inspiré cette fausse affiche pour la pièce 887 de Robert Lepage.

« Le gros problème de la pièce Qu’est-ce qu’on fait au bon Dieu? c’est que j’ai vu le film avant. Broue la première fois que je l’ai vu, j’ai pas mal plus ri qu’hier soir. Mais c’est injuste, parce qu’il n’y avait pas de film avant.»

Alain a quand même conclu en me disant qu’il a bien apprécié la soirée qui le sort de son univers habituel. Il me promet qu’il acceptera ma prochaine invitation au théâtre, en terminant sur ces sages paroles «C’est pas parce que ton équipe perd un match qu’on arrête d’écouter le hockey».

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